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Qu’est-ce que c’est?

L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) utilise des ondes radioélectriques et un fort champ magnétique plutôt que des rayons X pour donner des images remarquablement claires et détaillées des organes et des tissus internes. Cette technique relativement nouvelle mesure les menus changements métaboliques rapides qui ont lieu dans la partie active du cerveau. Les médecins savent en gros où se situent les fonctions de la parole, de la sensation, de la mémoire et autres, mais l’endroit exact varie d’un individu à l’autre. Les blessures et les maladies, comme un accident cérébrovasculaire ou une tumeur au cerveau, peuvent déplacer ces fonctions à d’autres parties du cerveau. L’IRMf aide les radiologues à examiner de près l’anatomie du cerveau, mais elle peut aussi les aider à déterminer de façon précise quelle partie du cerveau gère les fonctions cruciales comme la pensée, la parole, le mouvement et la sensation. Ces renseignements peuvent être cruciaux lorsqu’on planifie une chirurgie, une radiothérapie, un traitement pour un accident cérébrovasculaire ou d’autres interventions.

À quoi ça sert?

L’IRMf est en train de devenir la méthode diagnostique de choix pour apprendre comment fonctionne un cerveau normal, malade ou blessé, et pour évaluer les dangers possibles d’une chirurgie ou autre traitement invasif du cerveau. Le terme « IRM fonctionnelle » peut aussi comprendre d’autres techniques d’IRM qui sont sensibles aux changements physiologiques (comme les changements dans le mouvement de l’eau), mais avec un « f » minuscule, l’IRMf se réfère habituellement à la cartographie de l’activité du cerveau à l’aide de l’IRM. En groupe, les techniques d’IRM fonctionnelle semblent être la méthode la plus adéquate pour identifier, examiner et surveiller les tumeurs au cerveau, les accidents cérébrovasculaires et certains problèmes chroniques comme la sclérose en plaques. De plus, ces méthodes semblent un excellent moyen de documenter certaines anomalies du cerveau liées à la démence et aux crises d’épilepsie.
 
Dans la pratique courante, les études d’IRMf sont souvent utilisées pour planifier la chirurgie au cerveau, car elles peuvent aider les médecins à surveiller la fonction normale du cerveau ainsi que les fonctions perturbées. La recherche se poursuit de façon continue et il semble que l’IRMf peut aussi aider à évaluer les effets d’un accident cérébrovasculaire, d’un traumatisme ou d’une maladie dégénérative comme la maladie d’Alzheimer sur le fonctionnement du cerveau.

Comment se préparer?

Comme le fort champ magnétique utilisé pour l’IRM attire tout objet métallique ferromagnétique implanté dans le corps, le personnel de l’imagerie vous demandera si vous avez un stimulateur cardiaque, une valve artificielle, un accès vasculaire, une pompe à perfusion pour les médicaments (noms commerciaux Port-o-cath, Infusaport, Lifeport), un dispositif intra-utérin, une plaque, des tiges, des vis ou des broches de métal chirurgicales dans le corps. Dans la plupart des cas, les broches, plaques, vis et tiges ne posent pas de danger pendant l’IRM. Les teintures rouges utilisées dans les tatouages et le maquillage permanent pour les yeux contiennent de l’oxyde de fer métallique et peuvent devenir chaudes pendant l’IRM, mais cela est rare. On vous demandera si vous avez déjà eu une balle ou du shrapnel (résidus d’obus) dans le corps, ou si vous avez travaillé avec des métaux. Dans le cas de fragments métalliques, une radiographie peut être prise pour détecter ces objets métalliques. Les plombages ne sont en général pas affectés par le champ magnétique, mais ils peuvent créer une distorsion dans les images du visage ou du cerveau, il est donc important de les signaler au technologue. Cela s’applique aussi aux appareils orthodontiques, qui peuvent affecter l’ajustement de l’unité d’IRM à votre corps. On vous demandera d’enlever tout ce qui pourrait affecter les images de la tête, y compris les pinces à cheveux, les bijoux, les lunettes, appareils auditifs et dentiers.

Le radiologue ou un assistant pourra vous demander si vous avez des allergies aux médicaments ou si vous avez eu une chirurgie à la tête par le passé. S’il est possible que vous soyez enceinte, mentionnez-le. Enfin, moins d’un patient sur 20 qui subissent une IRM se sentent renfermés ou claustrophobes dans une unité fermée.

À quoi ça ressemble?

L’appareil ressemble à un aimant cylindrique fermé, dans lequel le patient est étendu sans bouger pendant quelques secondes à la fois. Il peut donc se sentir enfermé et même claustrophobe (peur aiguë d’être enfermé). Les systèmes à aimant court n’entourent pas complètement le patient. Certains appareils plus récentes sont ouverts de tous les côtés.

Comment ça fonctionne?

L’IRM utilise des ondes radios et un champ magnétique fort plutôt que des rayons X pour donner des images claires et détaillées des organes et des tissus internes. L’ IRMf utilise cette technologie pour identifier les régions du cerveau où le débit dans les vaisseaux sanguins augmente, signe que cette partie du cerveau traite des renseignements et donne des commandes au corps (augmentation de la consommation d’oxygène).

Dans l’IRMf, le patient effectue une tâche particulière pendant le processus d’imagerie, ce qui augmente le métabolisme dans le secteur du cerveau responsable de cette tâche et le signal dans l’image RM va changer. En faisant effectuer des tâches correspondant aux différentes fonctions, il est possible de localiser la partie du cerveau qui gouverne la fonction. Cette information peut alors être intégrée dans un outil de planification chirurgicale pour aider le chirurgien à éviter ces secteurs.

Comment l’examen se déroule?

Le patient est placé sur une table qui glisse et sa tête est entourée d’un protecteur qui empêche la tête de bouger. Ce protecteur peut aussi comprendre un masque créé spécialement pour la personne. À mesure que l’examen progresse, on demande au patient d’effectuer un certain nombre de petites tâches, comme de taper le pouce d’une main sur chaque doigt de cette main, de frotter un bloc de papier sablé ou de répondre à des questions simples. Le patient peut communiquer avec le radiologue ou le technologue pendant tout l’examen. Bien des centres d’IRM permettent à un ami ou, dans le cas d’un enfant, à un parent de rester dans la pièce.

Selon la quantité d’images nécessaires, l’examen prend en général de 15 à 45 minutes, mais une étude très détaillée peut durer plus longtemps. On demandera au patient de ne pas bouger pendant le processus d’imagerie lui-même, mais il est possible de bouger un peu entre les séquences. Les patients doivent en général demeurer immobiles pendant seulement quelques minutes à la fois.
 
Une fois l’examen terminé, on demandera au patient d’attendre un peu sur la table que les images soient examinées pour déterminer si d’autres images sont nécessaires.

Qu’est-ce qu’on ressent?

L’IRM ne cause pas de douleur, mais certains patients peuvent trouver inconfortable d’être renfermé ou de ne pas bouger pendant l’examen. Vous ressentirez un peu de chaleur dans la région examinée; c’est normal, mais n’hésitez pas à le signaler au radiologue ou au technologue si cela vous incommode. Dans certaines parties de l’examen, des bruits de coups assez forts dérangent certains patients. Cependant, dans les examens d’IRMf, les images sont prises dans une série en rafale et le bruit ne dure pas longtemps.

Où vont les résultats?

Un radiologue, qui est un médecin expérimenté en IRM et autres examens radiologiques, analysera les résultats et enverra un rapport signé à votre médecin traitant, ainsi qu’une interprétation. À son tour, le personnel du bureau du médecin traitant vous dira comment obtenir les résultats.

Avantages
  • L’IRM fonctionnelle peut repérer les endroits où le cerveau fonctionne normalement, ce qui permet aux chirurgiens d’éviter ces secteurs lors de la chirurgie du cerveau.
  • L’IRM fonctionnelle peut détecter un accident cardiovasculaire au tout début, de sorte que les médecins peuvent commencer un traitement efficace plus tôt.
  • Les études d’IRMf peuvent aider les médecins à surveiller la croissance et le fonctionnement des tumeurs au cerveau et guider la planification de la radiothérapie ou autre traitement chirurgical.
  • Les images de l’IRMf du cerveau et d’autres structures de la tête sont plus claires et plus détaillées que les images obtenues par d’autres méthodes.
  • On évite l’exposition à la radiation.
  • L’RMf permet la détection d’anomalies qui pourraient être obscurcies par les tissus des os avec d’autres méthodes d’imagerie.
Risques
  • Un implant non détecté peut être affecté par le fort champ magnétique.
  • On évite en général l’IRMf pendant les 12 premières semaines de la grossesse. Les médecins utilisent d’habitude d’autres méthodes d’imagerie—comme l’ultrason—pour les femmes enceintes, à moins qu’il n’y ait une raison médicale importante d’utiliser l’IRM.

Quelles sont les limites?

L’IRM fonctionnelle est en pleine évolution. Bien qu’elle semble aussi exacte pour repérer où se trouve l’activité du cerveau que toute autre méthode, on a dans l’ensemble moins d’expérience avec l’IRMf qu’avec les autres techniques d’IRM. Dans la plupart des cas, l’examen est sûr pour les patients qui ont un implant métallique, à l’exception de quelques types d’implants. Les patients devraient en informer le technicien avant le test. L’IRM est souvent plus coûteuse que le scan.



Texte offert à titre de renseignement par l’Association canadienne des radiologistes (CAR). Octobre 2004. Source: www.radiologyinfo.org, traduction: Emma J. Trudel, révision: Dr Pierre Bourgouin.


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